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Spéculaires, 16.06.22 - 17.07.22



Artistes


Maude Corriveau

Erik Nieminen


Maude Corriveau


Maude Corriveau s’intéresse aux questions de savoir-faire à travers une pratique de l’hyperdessin qui se déploie à la fois sur papier et dans l’espace. Elle travaille au pastel sec pour créer des compositions proches de la nature morte qui interrogent la nature même de la représentation. Elle utilise des codes chers à l’histoire de l’art tels que des drapés et leurs textures ou des fragments d’architecture. L’expérience est le moteur de on processus dans lequel elle explore l’action de la lumière sur la matière dans l’objectif de faire émerger des phénomènes optiques (ombres, reflets, diffractions) qu’elle capte en photo pour ensuite les modifier et les dessiner. Cette intervention dans le numérique l’amène à exacerber certains effets et sublimer l’espace pictural en un monde éthéré. En explorant le mode installatif avec des stratégies in situ, Corriveau tente de reproduire les expériences vécues en atelier dans le lieu d’exposition afin de placer le regardeur non seulement dans une position contemplative, mais active.

Maude Corriveau a grandi entre l’Afrique de l’Ouest et la Rive-Sud de Montréal. Elle vit et travaille à Montréal et enseigne les arts visuels au collégial. Elle est titulaire d’une maîtrise (2020) et d’un baccalauréat (2009) en arts visuels et médiatiques de l’Université du Québec à Montréal. Elle est lauréate de la subvention Explorer et Créer du Conseil des arts du Canada (2021) et de la prestigieuse bourse en études supérieures de la Fondation J. Armand Bombardier (2019). Maude Corriveau est représentée par la Galerie Nicolas Robert. Son travail a été diffusé au Canada et aux États-Unis, entre autres à la Future Fair 2022 de New York, à la foire en art actuel de Québec (2022), à Art Toronto (2020-21), à Papier (2020-21) et au Musée des beaux-arts de Montréal (Vendu- Sold 2018). Ses œuvres font partie de la collection Desjardins, de la collection du Musée national des beaux-arts du Québec (MNBAQ) et de nombreuses collections privées.



Erik Nieminen


Erik Nieminen cherche à démanteler la réalité dans laquelle nous vivons afin de la reconstruire selon la logique inhérente aux procédés de la peinture. C’est ainsi que des éléments de plusieurs genres picturaux se combinent en une seule sur la toile, ce qui rend son œuvre difficile a classifier. Il s'intéresse principalement à la dissolution de l'espace, de la perspective, de la lumière et du temps, à travers divers degrés de figuration, où la forme est créée sur une longue durée, par le biais d'un processus réactif et adaptatif. Les couleurs et les formes sont retravaillées jusqu'à ce qu'une solution idéale soit trouvée.

Erik Nieminen est un artiste finno-canadien né en 1985. Il a obtenu un baccalauréat en arts de l'Université d'Ottawa et une maîtrise en arts de l'Université Concordia à Montréal. Il a exposé en Europe et en Amérique du Nord, notamment à l ’occasion de récentes expositions individuelles à Londres, Montréal, New York et Berlin. Son œuvre est présente dans des collections privées et d'entreprises. Il a reçu de nombreux prix, dont trois subventions Elizabeth Greenshields, du Conseil des Arts du Canada et du Conseil des Arts de l'Ontario, et a remporté le grand prix de la dernière édition de la Bombay Sapphire Artisan Series. Il vit et travaille à Montréal, au Québec.




Spéculaires :

Dans le cadre de l’exposition Spéculaire, Erik Nieminen et Maude Corriveau nous présentent un corpus de dessin et de peintures où l’espace se décline en imbrications de pans de réfractions et de transparences lumineuses. En l’occurrence, les œuvres font écho aux caractéristiques esthétiques et spatiales de la galerie, un espace lumineux et prismatique, et paraissent s’y perpétuer virtuellement, alors même que ce dernier semble se prolonger à l’intérieur des champs picturaux.

Dans l’œuvre de Maude Corriveau, une modernité pudique s’abîme en elle-même, nous apportant sa propre tête sur un plateau d’argent. On conçoit volontiers ces drapés, ces miroirs et ces feuillages comme des vestiges de la présence d’une Salomé à la fois furtive et jalouse des apparences. Cette séductrice savante, douce et violente, attire le regard vers les angles morts démultipliés par les recadrages et les décalages. On ne peut être témoin de l’incarnation imminente du fantôme, mais l’attente d’un aperçu projette notre désir au-delà du champ pictural.

Dans le travail de Erik Nieminen, si l’image advient par sédimentation, il y a tout de même une structure solide qui sous-tend le mirage. Les moments qui se déposent sur le canevas sont extraits d’une durée indéfinie, cyclique, et cosmique, suivant des procédés qui organisent l’espace autour de la corporéité du spectateur, et qui l’intègre au champ pictural. L’œuvre de Nieminen nous réconcilie avec cette présence, que les fondateurs de la perspective, fils d’une époque imbue de néoplatonisme, invoquaient alchimiquement.

Ces corps, que l’œuvre de Corriveau évoque en survivance d’un projet moderne inachevable, et que celle de Nieminen conçoit en agrégateur d’une conception holistique et presque médiévale de l’univers, dégagent des possibles longtemps pris dans l’opaque densité du temps, comme le diamant extrait la lumière la plus pure de la matière compacte et obscure.




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