16.09.21 - 17.10.21 

D'une Dimension à l'autre

Artistes

David Gagnon
Dexter Barker Glenn
Trevor Bourke
Philippe Denis

David Gagnon

David Gagnon vit et travaille à Montréal et Val-David. Il est diplômé de l’UQAM en arts visuels et médiatiques. Il a exposé ses œuvres dans plusieurs Maisons de la Culture montréalaises, à la Maison de arts de Laval et au Musée d’art contemporain des Laurentides. En 2012, il a séjourné à Bâle dans le cadre d’une des résidences d’artistes du CALQ.​

La peinture et la lecture ménagent un creuset spatio-temporel qui leur est d’ordinaire spécifique. Dans les oeuvres de David Gagnon ils semblent se confondre.

 

Couverture, blanc de texte, gouttière, tranche, nerf, endossure, dos, pièce de titre, garde-chasse, page, blanc de pied, bref, le corps du livre, d’une part, ou alors cadre, faux-cadre, panneau, toile, passe-partout, croisillon, glacis, empâtement, marouflage, tout cela se rencontre dans une topographie impossible  patiemment et méthodiquement construite, de mondes porteurs de mondes.

Dexter Barker Glenn

Dexter Barker-Glenn est un artiste multidisciplinaire qui vit et travaille à Montréal set a Toronto. Il complete actuellement se études un baccalauréat en art visuels et avec un mineur en sciences informatique.

En adjoignant des « prothèses » à ses peintures, sorte de matérialisations absurdes d’un regard ergonomique, Dexter Barker Glenn souligne en les outrepassant les limites du cadre.

 

Si ces objets rudimentaires  – bâtons de bois, supports, poulies, fragments de meubles, cordes et autres résidus excédentaires  – semblent être là pour réhabiliter notre regard  désabusé, c’est peut-être le signe que les horizons de l’image demeurent obstinément décevants à une époque virtuose de fuites dans le virtuel. Peut-être, au contraire, ravivent-elles le souvenir d’une époque où nous savions mettre l’univers en joue sans faire autant de façons:  l’enfance.

Philippe Denis

Originaire de l’Ile-Perrot, Philippe Denis vit et travaille à Montréal.  Il est présentement finissant au BAC en arts visuels de l’UQAM et est  récipiendaire d'une bourse au partenariat territorial du calq/centre du quebec en 2018.

À coup de jeux d’échelles, mise en abîmes, de contextes superposés, les chantiers projetés ou délabrés de Philippe Denis nous installent au cœur d’une domesticité posée dans l’hypothèse de ses durées possibles. 

 

Inutile, ici, de distinguer entre le vrai et le faux, entre l’original et la copie : la vérité sera tributaire d’un choix, déjà fait d’ailleurs par l’artiste-bricoleur, entre l’ennui d’une vie circonscrite par l’enclos préfabriqué et la plénitude d’une existence qui se met sans cesse en jeu dans la construction de son environnement.

Trevor Bourke

Trevor Bourke vit et travaille à Montréal. Il a complété un baccalauréat en arts visuels à Concordia 2020 et a participé à plusieurs expositions de groupe au Canada (à Project Casa et Circa, entre autres) et aux États-Unis.

Les peintures de Trevor Bourke évoquent un univers forain qui ne devrait pas inquiéter à une époque où le spectaculaire a depuis longtemps apprivoisé le l’imaginaire carnavalesque. Et pourtant, elles dérangent, sans doute parce qu’elles bousculent les coordonnées stylistiques et iconographiques familières.

 

En faisant de celle-ci ses boucs émissaires, l’artiste s’attaque aux garde-fous qui préservent discours actuel sur la peinture de ses propres excès.  Leur efficacité à cet égard semble se vérifier dans le constat que ses oeuvres incommodent plus le spécialiste que l’amateur.

D'une dimension à L'autre

On le sait plus que jamais, le territoire gagné par la conscience humaine est un territoire emprunté. Impossible cependant de ne pas investir ce chantier miné entre le soi et son autre, entre l’homme et la nature. Il est donc juste de dire de ce champ qu’il est appréhendé, à la fois parce qu’il faut le saisir au corps, et inséparablement, parce qu’il est à craindre.

 

Or si le lot de la peinture reflète celui d’une métaphysique qui repense perpétuellement, sans la réifier, la relation entre le sujet et l’objet, qu’il nous soit donc permis de faire cette généralisation à propos de la peinture contemporaine : peu importe comment l’artiste articule le prisme du subjectif, celui-ci affichera une attitude circonspecte face à une représentation qui se veut transparente.

Cela explique l’extrême diversité des approches. Celles des artistes de cette exposition, David Gagnon, Dexter Barker Glenn, Trevor Bourke et Phlippe Denis, ont également en commun d’alléger le fardeau de cette entreprise sisyphéenne par le recours sans ambages à la mise en scène, à la fiction, le cadrage, c’est-à-dire en redoublant les termes de la représentation plutôt qu’en la critiquant.

Eric Carlos Bertrand